L'immobilisme n'est pas une option
Les derniers chiffres de la Banque nationale sont sans équivoque: au deuxième trimestre, l’économie belge a stagné. Une récente enquête de la Voka, menée auprès de 600 entreprises, confirme ce climat de prudence: près de deux entreprises sur trois jugent la conjoncture économique défavorable. Pour 53% d’entre elles, les commandes sont inférieures à leur niveau habituel et à peine 9% entrevoient une amélioration au cours des douze prochains mois.
Ceux qui discutent quotidiennement avec des entrepreneurs du secteur graphique connaissent bien la situation. Les commandes sont sous pression, les clients comptent chaque euro et il est particulièrement difficile de répercuter les hausses de prix. Dans le même temps, les coûts salariaux sont élevés, l’inflation s’accélère, l’énergie reste chère et notre secteur nécessite en permanence de nouveaux investissements dans les machines, les logiciels et l’automatisation. Une nouvelle presse, une imprimante, une ligne de finition ou un robot représentent une dépense considérable. Mais avant tout, un tel investissement exige des perspectives d’avenir et de la confiance. C’est précisément cette confiance que nous devons rétablir.
"Qui investit dans son entreprise investit également dans la productivité, l'emploi et l'ancrage local"
C’est pourquoi l’entrepreneuriat doit occuper une place bien plus importante dans l’agenda politique. Lorsqu’un entrepreneur investit dans son entreprise, il investit aussi dans la productivité, l’emploi et l’ancrage local. Pour continuer à le faire, nos entrepreneurs n’ont pas besoin de charges supplémentaires, de formalités administratives toujours plus lourdes ou de nouvelles incertitudes. Ils ont besoin d’espace pour entreprendre.
C’est là que les responsables politiques ont un rôle clair à jouer. Les prochaines négociations budgétaires ne peuvent pas une nouvelle fois se résumer à la recherche de nouvelles recettes et à l’ajout de nouvelles charges pour des entreprises qui sont déjà soumises à une forte pression. Notre pays a besoin de finances publiques saines, mais tout autant de croissance économique. Car sans croissance, chaque exercice budgétaire devient mécaniquement plus difficile.
Nos décideurs politiques doivent donc oser faire des choix: moins d’intervention et de contraintes administratives, davantage d’attention portée à la compétitivité, à la productivité et aux investissements. Il faut veiller à ce que ceux qui sont encore prêts aujourd’hui à prendre des risques ne soient pas pénalisés demain pour leur volonté d’entreprendre. Car, en fin de compte, ce sont les entrepreneurs qui investissent, innovent, embauchent et peuvent contribuer à remettre notre économie sur les rails. Donnons-leur la marge de manœuvre nécessaire pour le faire. Bonne lecture!