L'impression 3D, un créneau pour le marché graphique?
Le marché constate une accélération de la demande en imprimantes 3D
Des maquettes et prototypes aux modèles pédagogiques et objets destinés à la communication visuelle: l’impression 3D voit son champ d’application s’élargir de plus en plus. Parallèlement, les machines gagnent en rapidité, le gaspillage de matière diminue et les logiciels s'efforcent de réduire la barrière technique à l'entrée. L'impression 3D est-elle donc prête à devenir une technique de production à part entière au sein du marché graphique?
Aujourd’hui, le marché de l’impression 3D semble être entré dans une phase intéressante. Les imprimantes gagnent en productivité et en accessibilité, et les applications possibles se diversifient. Despec Supplies le constate également. Le distributeur commercialise différentes marques et a récemment conclu un accord d’exclusivité avec la société chinoise Flashforge. Selon Gilles Cattoir, spécialiste de l’impression 3D chez Despec, c’est surtout la rapidité avec laquelle le marché évolue actuellement qui est frappante. En Belgique, Despec constate une forte augmentation de ses ventes. "En termes de chiffre d'affaires, nous avons déjà presque doublé ce que nous avions réalisé l'année dernière sur une base annuelle", affirme Gilles Cattoir.
Des marges intéressantes
Il s’agit là d’un créneau potentiellement intéressant pour les entrepreneurs du secteur graphique. À l’instar des magasins de fournitures de bureau traditionnels, les entreprises graphiques sont constamment à la recherche d’activités leur permettant de créer une nouvelle valeur ajoutée en complément de leur production existante. Selon Gilles Cattoir, l’impression 3D se distingue notamment par ses marges, qui sont actuellement encore plus attractives que sur de nombreux marchés de produits traditionnels.
Cela attire naturellement de nouveaux prestataires. Entre-temps, Gilles Cattoir observe en Belgique l'émergence de magasins physiques spécialisés, consacrés exclusivement à l’impression 3D, une tendance qui existe déjà depuis un certain temps aux Pays-Bas. Parallèlement, des entreprises d’autres secteurs intègrent l’impression 3D dans leur offre existante.
Pour les entreprises graphiques, il voit surtout des opportunités là où la visualisation joue un rôle important. Un projet qui était auparavant présenté sur papier, à l’écran ou dans une présentation peut désormais être posé sur la table du client sous forme d’objet physique. "Ce qui n’était pas tangible auparavant peut désormais soudainement l’être", résume Gilles Cattoir. L’impression 3D se rapproche ainsi de ce que font depuis longtemps les entreprises d’impression: donner une forme physique à des idées et à des messages.
De la maquette à la molécule
L’enseignement est un marché où Gilles Cattoir constate actuellement une forte dynamique. Les écoles secondaires, les écoles supérieures et les universités s’informent sur cette technologie et demandent des démonstrations. Les applications sont très variées. Les étudiants en architecture peuvent imprimer des maquettes en 3D au lieu de les construire entièrement à la main à partir de papier et d’autres matériaux. Dans les filières scientifiques, des atomes et des molécules peuvent être imprimés sous forme de composants, permettant ainsi aux étudiants d’assembler physiquement, par exemple, des structures moléculaires. En histoire ou en langues classiques également, les modèles tridimensionnels peuvent venir compléter les photos et les vidéos.
Moins de déchets, plus de rapidité
Sur le plan technologique également, les barrières continuent de s’abaisser. Despec met actuellement en avant la nouvelle série Creator 5 de Flashforge. La Creator 5 se présente sous la forme d’une imprimante ouverte, tandis que la Creator 5 Pro est une version fermée. Gilles Cattoir met particulièrement en avant le système à quatre têtes d’impression. Non seulement celui-ci devrait augmenter la vitesse d’impression, mais aussi réduire considérablement la quantité de déchets générés lors des impressions multicolores. Ce dernier point ne semble pas négligeable. Dans les systèmes qui doivent éliminer du matériau lors d'un changement de couleur, une quantité considérable de déchets plastiques peut s'accumuler à côté de l'objet final. Cela devient de plus en plus difficile à ignorer, certainement au sein des entreprises et des établissements scolaires européens.
L’imprimante n’est pas la seule à devenir plus simple
Acheter une imprimante 3D est une chose, préparer un fichier 3D utilisable en est une autre. C’est ce problème que la société japonaise Mimaki tente de résoudre avec la version 2.0 de son logiciel 3D Print Prep Pro. Le logiciel 3DP3v2 optimise automatiquement les données 3D pour la production et vise à réduire le besoin de connaissances spécialisées.
En outre, Mimaki élargit les possibilités. Le logiciel est ainsi capable de générer des structures de grille au sein des objets. En ajustant la structure interne et la densité, il est possible de réduire le poids et, selon le matériau utilisé, de créer des propriétés amortissantes ou plus souples. Selon le fabricant, cette fonctionnalité est adaptée à l’impression 3D réaliste d’objets souples tels que des chaussures, des canapés ou des lits, qui nécessitent une flexibilité multidirectionnelle.
L’élargissement des sources de données est également intéressant. 3D Print Prep Pro v2.0 peut notamment traiter des données topographiques et architecturales issues de drones, ainsi que des données tomographiques informatisées (images en coupe). Un flux de travail qui, autrement, pourrait nécessiter plusieurs logiciels, est ainsi regroupé au sein d’un seul et même environnement.
"Avec cette dernière mise à jour de notre logiciel d’impression 3D, nous souhaitons à la fois aider nos utilisateurs existants à rationaliser leurs processus et à traiter des données plus complexes, et aider les nouveaux utilisateurs qui voient dans l’impression 3D une nouvelle opportunité commerciale mais sont rebutés par l’expertise requise pour le traitement des données 3D", explique Arjen Evertse, directeur commercial chez Mimaki Europe.